Conso, sexo, dodo

La vision de la femme selon Marie Claire

26 mai 2011
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La couverture du mois de juin 2011 du torchon de la revue Marie Claire en dit long sur la vision des femmes portée par notre sexiste presse féminine. “La” femme, incarnée en objet sexuel con-sot-mateur, y est réduite également à ses seules facultés de séduction.

Voilà nos lectrices enjointes à s’occuper en permanence de leur libido, à palabrer sur la futilité de leurs relations kleenex ou à se rhabiller chez d’onéreux vendeurs de prêt-à-porter, toujours en fonction des tendances du moment.

En bref, la presse féminine a une vocation bien précise pour nos congénères à ovaires: être connes, et le rester.

Bien sûr, il ne serait pas venu à l’esprit de nos journaleuses glamouro-centrées -que j’imagine très laides par ailleurs- de se poser cette question: une femme simple et sincère ne serait-elle pas plus attirante pour un homme qu’un porte-accessoires nunuche et acheteur compulsif de fringues?

Tout aussi chimérique serait de lire dans cette presse de salle d’attente de cabinet médical que l’intensité de l’amour envers un partenaire (un seul et unique, mais ça ça dépasse l’entendement de nos scribouillardes crypto-anorexiques) est un aphrodisiaque bien plus durable et puissant que ces conseils aux allures de Doc-et-Difoul pour adolescentes malléables.

Et qu’il ne s’agit pas “d’aimer le sexe” (que l’on ne saurait réduire à une anodine activité sportive, et alors que la notion de performance en détruit toute la beauté et la spontanéité), mais bien plutôt d’aimer une personne et par conséquent davantage apprécier s’accoupler avec celle-ci à mesure que l’amour y est intense, sincère et exclusif.

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4 réponses à La vision de la femme selon Marie Claire

  1. Poseidon le 30 novembre 2012 à 12 h 32 min

    En gros ” dis moi ce que tu lis je te dirai qui tu es “. Tout en restant conscient qu’on peut lire ce type de presse ( féminine, sportive,..) en n’étant bien conscient qu’il s’agit d’une lecture distrayante et non instructive !!!

    • Benjamin
      Benjamin le 30 novembre 2012 à 13 h 08 min

      Le problème est justement là. Ces lectures de “distraction”, à mesure qu’elles se répètent, structurent nos repères et notre façon de penser.

      C’est ainsi de façon largement inconsciente que notre perception des normes est modifiée. La plasticité de l’esprit humain est telle (notamment chez les plus jeunes) qu’il serait naïf ou irréaliste de penser pouvoir rester indemne face à des messages récurrents véhiculant une certaine façon d’envisager la vie sociale.

      Pour répondre à la remarque: cela est d’ailleurs d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’une lecture associée à la détente et au plaisir, puisque l’esprit critique est beaucoup moins sur ses gardes. Comme c’est une lecture agréable, on se sent bien et le cerveau intègre encore mieux ces informations qui entretiennent une certaine vision du monde.

      Une large part des informations qui construisent nos repères et notre façon de pensée sont en effet traitées par des éléments inconscients de notre boîte crânienne.

      Si ce n’était pas le cas, on pourrait mettre par exemple des enfants devant des images violentes ou pornographiques, et ils feraient le tri eux-mêmes, et rien ne resterait dans leurs têtes. C’est bien entendu impossible…

  2. Mariskiki le 15 juillet 2011 à 18 h 29 min

    Merci à tous ceux qui restent fidèles à leur conscience, merci M. Benjamin W. pour tout ce que vous écrivez!

    • Benjamin
      Benjamin W. le 16 juillet 2011 à 19 h 32 min

      Merci à toi Marishkiki, ma conscience c’est bien la seule chose que je ne peux fuir, pour reprendre un aphorisme connu de Stephan Zweig…