Victime et bourreau d'un même souffle

Un tiers des foetus passés à tabac

31 mai 2011
Par

Ventre de femme enceinte fumeuse d'où la fumée de cigarette sort par le nombrilAu royaume de l’hédonisme égoïste, le fumeur-enfumeur et son cylindre méphitique sont rois.

Symbole de plaisir instantané pour soi-même et du culte de l’immédiat par excellence, la cibiche évoque aussi une certaine luxure célébrée par nos glamourologues pan-sexualistes, a fortiori quand le fumivore est une femme.

Femme au regard lubrique qui tient un verre de vin et une cigarette alluméeLa clope glissée entre les deux doigts d’une fumeuse recrachant ses vapeurs, pose lascive surjouée et cambrant bien son popotin à 90 degrés – sans oublier l’expression oculaire salace et arrogante, ça excite bien nos bobo-mâles en rut. Et d’y voir le summum de la “bonnasse” sexy au regard pornophile, avatar malheureux d’une vision-archétype éthérée de la “femme libérée”.

femme qui fumeCe ne sont ainsi pas nos campagnes anti-tabac à bout de souffle, ni une sensibilisation aux méfaits de ce mal du siècle, qui feraient réfléchir le moins du monde certaines dames enceintes et au comportement criminel. Pour preuve ce récent sondage qui semble confirmer une tendance accablante:

Enfant qui pleure avec nuage de fumée de cigarette autour du visage

Plus d’un tiers des femmes enceintes fumeraient au début de leur grossesse.

Et puisqu’on en parle, petit rappel de ce qu’est un (en)fumeur: cette personne méprisant autrui mais prompte à ouvrir sa bouche fétide pour s’insurger contre ce qu’il fustige être une atteinte à sa “liberté” d’enfumer (supposée supérieure à celle des autres de respirer un air sain). C’est lui qui dégrade avec volupté votre éther de ses émanations toxiques et cancérigènes, et vient ensuite -d’un ton docte et faussement indigné- vous reprocher d’être intolérant et de ne pas le respecter.

poumon calciné par le tabagismeMais soyons magnanimes, chers amis. Car même s’ils ne manquent pas d’air, les fumeurs sont des gens qui ont besoin qu’on leur tende la main, victimes aussi qu’ils sont de leur propre addiction. Privez un nicotinomane de sa dose pendant quelques heures et vous constaterez à quel point la personne est instable et commence à laisser poindre ses premiers signes d’hystérie.

En sus de la pollution olfactive, pulmonaire et tactile de ce puissant esclavagiste qu’est le tabagisme, la pollution visuelle et comportementale qui découlent de sa consommation suffisent à nous donner le courage d’agir en faveur d’un espace public sans nicotine, pour le bien de tous.

C’est à nous, gens sains de corps et d’esprits, d’être là pour les fumeurs, qui au même titre que les pédophiles et les scatophiles sont aussi victimes de leur vice (après en avoir fait “profiter” leur entourage). Encore faut-il que ceux-ci le reconnaissent et soient coopératifs en vue de leur désintoxication. Sinon il faudra bien entendu faire preuve de coercition.

Dans une société saine, on soumettrait les personnes atteintes de telles pathologies socio-somatiques aux mesures prophylactiques qui s’imposent, afin de les préserver eux-mêmes ainsi que leurs proches: sevrage (de gré ou de force) ou pénalités réelles et systématiques pour les enfumeurs de l’espace public ou de la cuve placentaire, voire quarantaine sanitaire.

Femme derrière des barreaux représentés par des cigarettesAu même titre que laisser des parents séropositifs procréer pose un problème éthique, la stérilisation des femmes accros du mégot peut participer du principe de précaution. J’exagère (à peine) bien sûr, mais vous voyez, la vision d’une femme enceinte avec une Marlboro entre les lèvres, moi ça me consume de chagrin.

Les fumeurs sont après tout des êtres faibles, prisonniers de leur étouffante assuétude. Tels des enfants capricieux mais encore inconscients, ils nous signifient combien ils ont besoin qu’on leur tende la main[1], afin qu’ils puissent arrêter de porter la leur à la bouche.

_______________________________

[1] Ou à défaut qu’on la leur foute sur la gueule lorsqu’ils nous la grillent sur un quai de RER bondé…

Tags: , , ,

4 réponses à Un tiers des foetus passés à tabac

  1. Marcoroz le 19 juillet 2011 à 16 h 47 min

    Ah, bravo encore ! Les méfaits du tabac sur le fumeur, on en entend parler sans arrêt, mais sur la façon dont ils empoisonnent la vie des autres, il est si rare de lire quelque chose !

    J’ajouterai que les fumeurs sont pour au moins 95% d’entre eux des gens sales : sales sur eux, puisqu’ils se jaunissent les dents et s’altèrent l’haleine et la voix, mais sales aussi dans leur façon de se comporter, puisqu’ils balancent leurs mégots dans la nature ou sur la voie publique.

    • Benjamin
      Benjamin W. le 19 juillet 2011 à 23 h 11 min

      Merci cher Marcoroz. Quand on est prisonnier d’une addiction ou d’une passion excessivement irrationnelle, forcément on en vient à négliger le reste, ou les autres.

  2. MisterT le 4 juin 2011 à 14 h 19 min

    La demoiselle en vert, et son regard sexuel, tu lui enlève son verre et sa clope, elle aura un peu l’air bête lol…

    • Benjamin
      Beni le 4 juin 2011 à 14 h 23 min

      T’as tout compris man!