Indignations sélectives roulées sous l'Hessel

La dissi-danse des indi-niais mondains épinglée par G.W. Goldnadel

11 février 2012
Par

Indigence et mensonges: les ingrédients de choix de “l’imposture hesselienne”

Vous connaissiez déjà l’opus de Stéphane Hessel, le “petit livre jaune”, encensé par les coupables thuriféraires de notre caste médiatique. Rappelez-vous, cet exploit éditorial de néantologie et de malhonnêteté intellectuelle mis au service d’une indignation honteusement sélective, couvert par les mensonges et impostures de son auteur auto-nimbé des statuts de “résistant” ou de “rédacteur de la Déclaration des Droits de l’Homme” qu’il n’a jamais été.

“Résignez-vous”

Au delà de l’inconsistance de l’ouvrage et de la lâcheté morale de son élucubrateur -pour ne pas parler d’un verbiage creux, imprécis et violemment aporétique-, on peut également s’interroger sur l’étrange succès qu’un livret aussi médiocrement ficelé rencontre de par le monde. Ce qui gêne le plus avec cette espèce de bréviaire de Miss France, festival de platitudes et d’approximations éhontées comme de dénonciations calomnieuses infondées, c’est finalement le silence pesant qu’il entretient vis à vis des authentiques laissés-pour-compte de notre monde actuel. Pour eux, un silence qui claque ainsi: “résignez-vous”.

L’indignation sélective dans toute sa splendeur, celle de Hessel mais aussi et surtout de nos indi-niais et autres chantres d’une bien-pensance aussi fourbe que criminelle, est brocardée de la plus belle manière par Gilles William Goldnadel dans son livre qui vient de paraître et que je ne saurais que trop recommander Le vieil homme m’indigne! Les postures et impostures de Stéphane Hessel.

Votre serviteur n’a pas pour habitude de verser dans les aménités exemptes de coups de griffe. Mais là pour l’occasion, je ne vois pas comment évoquer autrement cet ouvrage remarquable, à la plume truculente et l’analyse fine et documentée de son auteur, le tout mis en musique par une probité intellectuelle d’un homme qui n’a pas peur, lui, de préférer être mis au ban de la bien-pensance ambiante pour rappeler qui sont les vrais opprimés. Voici un extrait de l’ouvrage:

    _____________________________

    Dansons la dissi-danse

   Stéphane Hessel, indigné en toc

Fièrement, le petit livre jaune est publié par les éditions Indigène dans une collection intitulée : « Ceux qui marchent contre le vent ».

Il faut retourner, pour le fun, à cet article déjà cité de Télérama qui constitue un modèle de complaisance, de cire pompes vernies, qui a choisi pour titre cette noble citation de Stéphane Hessel : « J’ai toujours été du côté des dissidents » et qui commence par cette phrase bien envoyée : « C’est un vieux monsieur formidable qui nous reçoit simplement dans son appartement parcheminé du 14e arrondissement à Paris. Affable, séducteur, et toujours révolté contre l’injustice. » Ledit article est joliment orné d’une photo de l’humaniste souriant tendrement à Yasser Arafat.

Car il faut bien le reconnaître, de nos jours en France, il faut être dissident, à la manière de Soljenitsyne ou de Aung San Suu Kyi, pour oser prendre le parti des sans-papiers ou des Palestiniens. Au mieux Gorki, au pire le goulag ou l’hôpital psychiatrique.

Sans ces samizdats que constituent Le Monde diplo, Libé, Les Inrocks, Télérama, Mediapart, Rue89, Politis, qui sait vers quelle destination inconnue, le dissident serait conduit de par le pouvoir implacable de la pensée dominante et des lobbies ?

Car c’est à la nuit tombée que les résistants se passent de main en main tremblante le petit livre ronéotypé. Dehors, hulule une chouette ? Tu n’y es pas camarade. C’est un ami qui monte la garde. S’il tombe, un ami prendra sa place.

Et si on était, rien qu’un peu, sérieux ? En France, ce n’est pas le pouvoir politique qui aujourd’hui opprime, c’est celui qui imprime, et qui est censé informer sans déformer.

J’ai appris récemment, sous la plume de l’excellent Michel Gurfinkiel un nouveau mot : ochlocratie, la dictature de l’opinion cornaquée par les potentats médiatiques qui, profitant de la faiblesse des politiques, formatent les esprits.

Si Stéphane Hessel avait été toujours du côté de la dissidence, il aurait lutté pour les sans-voix et laissés-pour-compte de la pensée conforme.

Pour le représentant de l’Armée de Libération du Soudan que je défends contre les menaces récurrentes d’expulsion du Quai d’Orsay pour cause d’intransigeance à l’égard du criminel de guerre qui préside à Khartoum. Pour les chrétiens d’Algérie poursuivis pour blasphème par les tribunaux de leur pays. Pour les opposants iraniens réfugiés en France contre le régime des mollahs. Pour le gouvernement provisoire de Kabylie basé à Paris. Pour les Tamouls massacrés au Sri Lanka. Pour les Tibétains expulsés, quitte à ne pas vendre son livre aux Chinois.

Pour les modernes esclaves indiens ou bengalis de Dubaï ou d’Abou Dhabi…

La blasphématoire vérité, c’est que « saint Stéphane » est du côté du sceptre, du manche et de la cognée. Du côté des faux rebelles et des authentiques fayots. Du côté des ochlocrates. Du côté des theâtrocrates démagogues raillés par Platon, du côté, précisément, de ceux qui ont monté en omelette baveuse de platitudes, de boursouflures, de vantardises, de mensonges, de demi-mensonges, en poussant des oh !, des ah !, des bravos !, et des encore !

Hier, Elena Bonner, veuve Sakharov est morte en exil. En silence. Dissidente.

Tout le contraire d’un conformisme nauséabond en odeur de sainteté.

Et dans le sens du vent.

Source
Extraits de Le vieil homme m’indigne !, Jean-Claude Gawsewitch (26 janvier 2012)

 

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