Tyrannie de la minorité

«Mariage pour tous» : entre reductio ad homophobia et mépris oligarchique

13 novembre 2012
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Je tiens à le préciser d’emblée, placé de­vant la formule choc, je ne peux qu’être en faveur du « mariage pour tous ». Que dire face à l’incontestable évidence?  Pourquoi une (femme) lesbienne n’aurait-elle en effet pas le droit de convoler en justes noces avec son amant gay (homme)? Et puis, s’ils veulent avoir des enfants ensemble, c’est leur problème. Même chose pour nos concitoyens adeptes du ménage à trois -ou plus (on a bien dit “pour tous” non?): libre à vous de vous marier dans les mêmes conditions que tout un chacun.

Friands d’ébats mais pas de débat: les militants Inter-LGBT et l’anathème de reductio ad homophobia 

Par contre, balayer d’une précipitation zélée le principe de filiation, pilier plurimillénaire de notre civilisation, écartant toute possibilité de débat public (ne parlons même pas d’un hypothétique droit au « référendum pour tous »), c’est tout de même pas très classe les socialos-EELV! Ca y est, je suis instantanément catalogué comme affreux réactionnaire homophobe par certains lecteurs de Libé et des Inrocks échoués ici. Vous  avez vous-même aussi peut-être subi, en lieu et place d’un courtois échange de points de vue, ce reductio ad homophobia éventuellement accompagné d’impolitesses –puisque l’anathème massue semble être le seul argument présenté aux sceptiques. Pour vous qui voudront continuer à me lire et sortir de la polémique stérile érigée en argumentaire, je poursuis.

Voilà donc qu’il s’agit d’amender l’institution millénaire du mariage (celui vraiment accepté par tous, enfin par la majorité) et surtout de la parenté, pour la vider de son contenu et l’adapter aux désidératas du moment d’une minorité extrémiste au sein d’une frange homosexuelle elle-même minoritaire[1]. Ce n’est en effet pas d’une question de droits, ni même de société, mais bien d’une question de civilisation dont il s’agit.

L’aporétique  « mariage pour tous» : quand nos bobos libertaires jouent les vierges effarouchées…

A vous de trouver la légende: “deux couples de lesbiennes et un géniteur” OU “un homme polygame avec ses quatre épouses”?

Face à une question aussi grave, nos belles âmes « progressistes » jouent à plein sur le registre émotif et poussent des cris d’orfraie quand un archevêque de Lyon–pourtant dans son rôle- dénonce le risque d’une institutionnalisation de la polygamie. Que l’on veuille bien nous expliquer comment deux femmes en couple puissent procréer sans l’intervention d’un porteur de Y. Je sais encore compter, ça nous fait déjà trois personnes. Pour peu que le monsieur soit aussi lui un militant LGBT (« lesbienne, gay, bi et trans » pour ceux qui ne les connaissent pas encore –et désolé pour les hermaphrodites vous avez été oubliés), on va vite arriver à quatre, voire plus.

Le code civil devrait pourtant parait-il s’adapter aux pulsions libertaires des énarques soixante-huitards au pouvoir à la réalité des situations existantes : voici l’autre dogme érigé en évidence. En quoi le mariage polygame ou incestueux (et pour corollaire l’adoption ou la procréation médicale assistée dans le cadre de ces unions) serait-il inacceptable dans ce cas –tant qu’il s’agit d’adultes consentants? Puisque l’on fait sauter cet antique interdit du mariage homosexuel jailli de nos fondements monothéistes, pourquoi ne pas s’affranchir des autres? D’autant que ces phénomènes ont eu aussi toujours existé. Surtout, comment ce pan de notre gôche libertaire avide de jouissance transgressive va-t-il vouloir s’arrêter en si bon chemin, et ne pas être tenté de renouer avec ses fantasmes pansexuels des années 1970[2] ?

Un Mamère, des maires : abuser de sa fonction pour imposer une vision partisane

Quoiqu’il en soit, c’est bien le démon totalitaire qui enivre nos amateurs de rouge et de rose. Faire avaler la pilule à la va-vite, presque en catimini, et au forceps, c’est bien la patte d’énarques oligarchiques méprisants et sûrs d’eux-mêmes. Voilà que ce cénacle élitiste applaudit à tout rompre lorsque des maires (troquant leur écharpe républicaine contre une casquette de militant zélé) célèbrent déjà –dans le mépris le plus total de la loi- des mariages de couples de même sexe[3]. Certains de nos socialeux-EELVisés (pas tous, beaucoup s’opposent à cette mascarade anti-démocratique) amateurs de géométrie variable ont beau jeu ensuite de s’offusquer lorsque d’autres maires (d’odieux réacs!) annoncent leur refus futur de célébrer de telles unions même si la loi est votée.

Monoparentalité VS homoparentalité : la preuve par l’excès

Pourtant, de nombreux spécialistes ou pédopsychiatres nous mettent en garde contre toute hâte à vouloir briser nos classiques repères familiaux, rappelant la nécessité d’une identification de l’enfant à un père et à une mère -fussent-ils absents. Mais l’hystérie de la politique à grande vitesse et du changement « maintenant » fait fi de ces arguments trop réfléchis et, pour tout dire, pas très « tendances ». Nos zélites au pouvoir veulent allez vite, très vite, et on les comprend: l’opinion publique (nous, les citoyens ignares) semble pour le moins tiède face à cette « avancée »[4].

Adoption militante: l’enfant sera-t-il préservé de l’inculcation d’une vision du monde homo-centrée?

Alors bien sûr, comment ne pas abonder face à une telle présentation: un enfant élevé par sa seule mère alcoolique et violente ne serait-il pas mieux au sein d’un foyer égayé par la chaleur de deux papas ou de deux mamans à l’entente si parfaite? D’ailleurs, les souriants enfants élevés par des homosexuels témoignent si bien de leur bonheur derrière les objectifs du magazine Tétu (peuvent-ils avoir le recul nécessaire pour décrire les choses autrement ?). Finalement, leurs avis d’enfants ou d’ados malléables et avides d’immédiat valent bien toutes les études longitudinales et autres travaux de chercheurs.

J’ose au même titre espérer qu’il existe des gamins amputés heureux, voire davantage sportifs que leurs camarades valides. De là à dire qu’il faille décider de handicaper nos gosses avant même leur naissance, c’est déjà autre chose…  Quant à l’éclatement des couples en familles monoparentales, dont les conséquences ne sont que rarement positives sur l’enfant, elles demeurent une conséquence non-souhaitée d’un schéma papa-maman qui a fait ses preuves, et elles ne sont pas fondées sur la négation du deuxième parent absent.

Et surtout: quid des futures familles homo-mono-parentales?

Deux papas ou deux mamans peut-être, mais sûrement pas deux grands-parents: le mythe du foyer homosexuel stable et chaleureux

D’autant que les taux de séparation et d’infidélité s’avèrent plus élevés au sein des couples homosexuels. L’abondance de partenaires fait partie intégrante d’une certaine culture gay, naturellement portée vers l’hédonisme. L’homosexualité résultant dans de nombreux cas d’un phénomène de mode[5] tient en effet mal à la dissipation du désir avec l’âge. Une fois les corps d’Apollon et d’Aphrodite montrant bedaine, poils envahissants et peau distendue, la concupiscence jeuniste qui en était le principal pilier laisse tout s’effondrer derrière elle. Le culte de l’étalon jeune et imberbe de certains milieux homos fait que bien souvent l’homme dont les traits qui rappellent l’adolescence soit préféré à l’homme mûr, déjà moins attirant…

Une belle stabilité que nous vantent les militants LGBTeux ! Que ceux qui connaissent des couples homosexuels tenant dans une fidélité absolue trente ans ou même vingt me le fassent savoir. Ne parlons même pas de l’assouvissement aux tendances et à l’air du temps qui poussent de nombreuses femmes à s’adonner au saphisme. Ni de cette volonté de convaincre précocement les adolescents de “leur homosexualité”. Comme s’il était normal qu’un ado doive déjà justifier de “sa sexualité”, en gros d’une pratique expérimentée du coït…

L’enfant sacrifié sur l’autel d’un progressisme douteux

L’acharnement des lobbys homosexuels est cependant compréhensible : je ne vous apprends rien en rappelant qu’ils militent non pas pour le droit de chacun à vivre ses préférences sexuelles (acquis depuis 1982 et la dépénalisation de l’homosexualité en France, et tant mieux!), mais bien pour un douteux prosélytisme visant à imposer et diffuser leur mode de vie à l’ensemble de la société. On imagine comment un enfant voyant ses « deux mamans » en couple en viendra à considérer comme étrange une relation amoureuse hétérosexuelle. Surtout, je vois bien mal nos militants LGBT passablement intolérants et obtus se priver du plaisir d’ « éduquer » « leur » progéniture selon leur vision du monde hormono-centrée.  Quel choix restera-t-il à l’enfant pris en otage ? Peu importe, pas le temps de palabrer, il faut faire passer toutes ces lois vite, très vite…

L’intérêt suprême de l’enfant, qui devrait bien entendu primer, se retrouve secondaire face aux désirs d’enfants gâtés impatients de nos faux progressistes.

Consonne, consonne, consonne, à la fin ça sonne con.

Pourtant, c’est un secret de polichinelle, l’exemple des enfants sans parents biologiques identifiés montre comment cette situation est source de souffrance et qu’ils décident de chercher leurs origines à un moment ou à un autre. A ces enfants nés sous X succèderaient ces enfants grandissant dans un décor de film X, avec cette même angoisse de retrouver le ou les géniteurs manquants, devant affronter en plus la légende culottée des « deux papas » ou des « deux mamans ». Après s’être pas mal dépatouillé pour différencier papa Y et papa Z vendus par la mouvance LGBT, l’enfant devenu adolescent ou adulte devra s’y faire : il aura grandi dans la supercherie depuis tout petit.

Brûlons donc ce Code civil passéiste ! Quand le mariage de quelques-uns s’impose à tous

Nos quelques législateurs en faveur de cette regression vers la barbarie du « mariage pour tous » ne devraient quant à eux pas trop vite se réjouir : un joli casse-tête les attend. Ce n’est pas quelques modifications cosmétiques et de langage qu’il faudra envisager (comme si la portée du « mariage pour tous » n’était que sémantique), mais bien une refonte en bonne et due forme de notre table des lois républicaines. En gros, il faudra juste «désexualiser» le Code civil, c’est-à-dire enlever les références sexuées à l’homme et la femme. En gros s’adapter aux réalités de notre société…telle qu’imaginée dans les fantasmes de nos idéologues bobos.  Plus de référence au père, à la mère, voire ni à l’homme ni à la femme. Cette éviction va entraîner bon nombre de conséquences juridiques qui ont de quoi donner le vertige. Voilà un autre avatar du mariage de quelques-uns imposé à tous.

Principe de précaution et droit au débat

Face à cette situation, il semble plus que jamais nécessaire de faire œuvre de prudence et de ne pas céder aux sirènes impatientes d’un faux progressisme. Au nom de l’intérêt suprême de l’enfant, un principe de précaution s’impose : face au phénomène du couple homosexuel dont l’existence légale est encore trop récente ailleurs pour avoir suffisamment de données et de recul sur ses tenants et aboutissants, une telle précipitation à faire voter cette loi dégage une suspecte odeur idéologique.

Organisons un vrai débat national, suivi d’un référendum. Comme tout républicain bon joueur, je m’inclinerai devant le résultat des urnes. A quoi bon parler de démocratie quand un choix aussi crucial ne fait même pas l’objet d’un traitement digne et d’une consultation populaire ? Et alors qu’une cabale médiatique vient traquer inlassablement les réfractaires à ce projet qui décidément ne peux passer qu’au prix de telles méthodes. Tandis que les jalons civilisationnels semblent tomber un à un, là c’est carrément une société sans aucun repère que nos apprentis-sorciers portés par l’air du temps et les phénomènes de mode s’apprêtent à léguer à nos enfants. Amis homosexuels, votre “fierté” ne peut qu’être éreintée par de tels procédés.

Faut-il introduire un mariage ouvrant droit à l'adoption et à la procréation médicale assistée pour les couples homosexuels?

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[1] Au sein d’une population homosexuelle hétéroclite et aux motivations diverses, beaucoup sont effet loin de toujours se reconnaître dans ses « représentants » auto-désignés, ni adhérer à ce genre de revendications. Quand aux couples homosexuels désirant accéder au mariage, ils ne représenteraient que très peu de monde (quelques milliers de personnes à l’échelle de la France), comme on le voit dans les pays ou ces unions ont été instaurées.

[2] Cette lame de fond d’une dérégulation sexuelle totale en faveur de laquelle s’exprimaient des caciques du PS ou d’EELV pendant les années 1970 n’est pas anodine. Les revendications ouvertement pédophiles de figures emblématiques d’une certaine tradition de gauche (Jack Lang, Daniel Cohn-Bendit, Daniel Guérin…), dans l’air du temps de la chienlit libertaire de mai 68, illustrent les fantasmes enfouis d’une bonne part de notre caste dirigeante.

[3] On se souvient du symbolique mariage homosexuel “célébré” par le maire Vert de Bègles, Noël Mamère, qui sera ensuite annulé par le TGI de Bordeaux.

[4] Sous une pléthore de sondages (non exempts de biais ou d’une tendance à se contredire), semble ainsi émerger une majorité de Français se posant contre l’adoption et la procréation médicale assistée pour les couples homosexuels.

[5] A différencier d’homosexuels “sincères” et loin du fashion victimism et des clichés des médias pro-gays. Bien souvent, ce sont eux qui rejettent cette tendance à se tortiller sur des chars de la Gay Pride, ne se retrouvent pas dans les revendications en faveur du mariage homosexuel -au prix d’un ostracisme des milieux gays et goutent peu au communautarisme des assos Inter-LGBT.

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