Tartufferies et coups pas francs

Quand les pétrodollars s’essayent à l’humanitaire. Le paradoxe du footballeur hors-jeu

7 décembre 2012
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Merci à Willy pour cette contribution

Le football est un sport qui se joue à onze contre onze, mais à la fin, c’est toujours la connerie qui gagne.

Un footballeur qui parle géopolitique, c’est comme un chat qui aboie, ça sonne faux

Incapables de se souvenir de la règle du subjonctif, nos chères starlettes idoles du ballon rond s’érigent aujourd’hui en Ban Ki Moon, en croyant légitime de boycotter l’organisation du championnat d’Europe des moins de 21 ans en Israël. Le motif ? « Il est inacceptable que des enfants soient tués alors qu’ils jouent au football. Dans ces circonstances, l’accueil du Championnat d’Europe des moins de 21 ans, serait perçu comme une récompense pour des actes, contraires aux valeurs du sport».

Parmi ces philanthropes en culotte courte, Didier Drogba (qui aurait finalement démenti avoir signé la pétition) et Frédéric Kanouté que l’on a guère entendu lorsqu’il s’agissait d’encaisser un chèque de plusieurs millions d’euros pour enfiler le maillot du Shanghaï Shenhua et du Beijing Guoan en Chine. Certainement une démarche militante visant à cautionner le régime de Pékin et les actes commis à l’égard de la population tibétaine. Quel message veulent quant à eux faire passer Mamadou Niang et Issiar Dia qui, aujourd’hui, s’en mettent plein les poches en foulant les pelouses du Qatar ? Là-même, où, conjointement, les femmes subissent des actes de discrimination et de violences sans fin. Où les travailleurs migrants continuent à être exploités et maltraités, pris en chantage par la confiscation de leur passeport. Où pour avoir consommé de l’alcool,  ou avoir eu des « relations sexuelles illicites » (comprenez, être homosexuel), une partie de la population est condamnée à recevoir plusieurs dizaines, voire centaines, de coups de fouet.

Où était leur stylo Mont Blanc préféré quand il s’agissait de signer une pétition contre l’organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar ? Certainement bien rangé dans le portefeuille, entre la carte de crédit et les liasses de billets. A coups de pétrodollars, le Qatar – qui est au foot ce que le Burundi est au Water-polo – avale actuellement le monde du ballon rond. Alors que la moitié de son équipe nationale compte des joueurs naturalisés et que son championnat est devenu la maison de retraite préférée des anciennes gloires du football européen, le Qatar veut mettre la main sur le foot et ses acteurs. Ce qu’elle a déjà fait avec le PSG, où évoluent un certain Jérémy Ménez – dont la connerie n’est  plus à démontrer –  et Momo Sissoko, qui font plaisir à leur patron en signant cette pétition.

La nouvelle monnaie nationale du football

Principal contributeur et pourvoyeur du Hamas, le Qatar a clairement choisi son camp. Pas celui de la paix au Proche-Orient ni du peuple palestinien. Celui-ci est pris en otage par son mouvement terroriste, dont le sport national reste le biathlon : lancer des roquettes depuis les habitations et les écoles avant d’entreprendre une stratégie de victimisation. C’est surtout cette deuxième épreuve qui est très prisée par nos footballeurs.

Il suffit simplement de jeter un œil à liste de signataires de cette pétition, pour comprendre la nature de la démarche. Sous couvert d’une « solidarité » humanitaire, les Karim Ait-Fana, Chahir Belghazouani, Ryad Boudebouz, Aatif Chahechouche, Omar Diaf ou encore Hassan Yebda ne défendent ni la veuve ni l’orphelin, mais bien leur idéologie antisémite peu encline à la reconnaissance de l’existence d’Israël.

 « Israël, c’est pas en Europe »

La banderole préférée des supporters égyptiens

Autre artifice pyrotechnique lancé par les défenseurs de la pétition, l’argument selon lequel Israël ne « fait pas partie de l’Europe ». Intéressant.  Il y a pourtant beaucoup moins de monde au portillon lorsqu’Israël doit se coltiner l’Angleterre, le Portugal, la Russie ou d’autres écuries du gratin européen pour pouvoir se qualifier pour une compétition internationale.

En restant dans la zone Asie, Israël assurerait tous les quatre ans sa participation à la Coupe du Monde. Oui, mais voilà, depuis 1974, l’Etat hébreu subit un boycott – encore un -  de la part du monde arabo-musulman massivement présent dans le groupe Asie. En 1991, et après une absence de 17 ans sur la scène internationale, l’UEFA autorise Israël à participer à ses compétitions. Ce qui est, en terme d’émission de gaz à effet de serre, beaucoup plus écolo et justifié que de devoir aller jouer dans la zone Amérique du Sud, non ? Quant à la présence de la Turquie ou la Russie dans la zone Europe, elle n’est jamais remise en cause.

Un joueur de foot qui parle géopolitique, c’est  finalement comme un vendeur de donuts qui parle nutrition, il se retrouve très vite hors-jeu. Ce qui est un comble pour un footballeur. Ils seraient pourtant plus de soixante à avoir signé la pétition. De quoi avoir le choix pour aligner un beau 4-4-2 au FC Hypocrite.

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3 réponses à Quand les pétrodollars s’essayent à l’humanitaire. Le paradoxe du footballeur hors-jeu

  1. Bruno Cross le 31 juillet 2013 à 21 h 48 min

    comment a telle déjà fait pour obtenir et organisée cette compétition et qui la soutenue? ce qui contraire a l’étique sportive avec cet état pire que l’Apartheid, État voyous j espéré qu il aurait beaucoup de signataires contre ce lieu pour cette compétition.

  2. Marcoroz le 16 décembre 2012 à 11 h 21 min

    Bien formulé, bravo !

    • Willy le 23 décembre 2012 à 23 h 27 min

      Merci!