Le Monde diplomatique et le conflit israélo-arabe de 2000 à 2006: une tentative d’analyse et d’interprétation

14 avril 2012
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Le Monde diplomatiqueMon mémoire de Master, disponible à la bibliothèque de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne est désormais accessible ici en libre téléchargement. Plus besoin d’aller traîner ses guêtres dans les allées surchauffées des bibliothèques parisiennes pour dénicher le précieux opus!

Rédigé à l’ombre d’une nécessaire froideur méthodologique universitaire, ce texte peut néanmoins servir de précieux outil d’analyse pour qui tente d’appréhender les rouages de la mise en œuvre d’une vision du monde idéologique immuable par un média engagé. Ou comment trahir des idéaux humanistes affichés au nom d’une inversion déontologique refoulée: larguer toute probité intellectuelle pour mieux (ré)écrire les faits selon des catégories figées et préconçues.

Résumé/Abstract

« Ne rouler pour personne », naviguer à « contre-courant » ou encore fustiger une certaine « pensée unique » : le Monde diplomatique veut insuffler dans ses feuillets mensuels l’éther d’un « journalisme d’irrévérence », « engagé au service d’une information scrupuleuse ». Le journal incarnerait alors une certaine forme de subversion, particulièrement volubile sur certains thèmes-phares. Mais c’est peut-être davantage le conflit israélo-arabe, cette « cause chère au cœur de toutes et tous », selon les mots de Dominique Vidal, qui semble constituer le fil rouge de la « pensée critique » du « Diplo ». Rivalité opposant deux légitimités nationales, le conflit israélo-arabe invite alors à la pondération, et apparaît à ce titre comme un étalon de choix à l’aune duquel la rigueur et l’indépendance proclamées par le mensuel peuvent être passées au crible. Et de permettre en retour d’accéder à une meilleure intelligence des catégories de pensée qui imbibent le papier recyclé du Monde diplomatique.

Les prolégomènes de ce travail visent à familiariser le lecteur au journal. La deuxième scansion combine une analyse de contenu thématique et sémantique de l’ensemble des documents concernant le conflit proche-oriental et publiés dans le mensuel de novembre 2000 à février 2006. Celle-ci permet de mettre en lumière ce qui s’apparente être le « cachet » du Monde diplomatique, sa « vision du monde » : l’application d’une grille de lecture coloniale au conflit israélo-arabe. Il s’agit alors de tenter d’en décrypter les tenants et les aboutissants, puis de cerner les différents facteurs susceptibles d’éclairer ces positionnements. Enfin, à la lumière de nos analyses, nous verrons plus largement dans quelle mesure la publication et ses rédacteurs peuvent s’apparenter ou non à la figure sartrienne de « l’intellectuel engagé ». Celle-ci est en effet revendiquée par le mensuel contempteur d’une certaine langue de bois. « Pas si diplomatique que ça », nous met d’ailleurs en garde le slogan marketing du journal.

 

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